Résidence à La Source

Résidence à Orléans-La Source

Un projet politique

La compagnie Théâtre Charbon est née simultanément à la création d’Othello en 2011. Il s’est agi à ce moment de porter une nouvelle ambition, un nouveau désir qui s’éteignait au Théâtre de l’Oeuf à dix pas.
Le choix du nom de la compagnie était dès lors un marqueur revendiqué. Nous souhaitions absolument affirmer la volonté « laborieuse » et la destination populaire de cette nouvelle aventure. Bien sûr les mineurs ont disparu. Bien sûr les gueules noires ne se croisent plus au coin des rues. La souffrance, la douleur, le travail pénible ont pris une autre forme. Les pauvres, les exclus, les « à côté » sont devenus invisibles, impuissants à s’organiser, relégués en périphérie ou encore dans des quartiers annexes, regroupés entre eux.
Le théâtre lui non plus ne se donne plus à la sortie des usines. Il a fait sa mue décentralisatrice. Mais trop souvent, il se heurte à l’homogénéité sociologique des spectateurs, souvent bien nés et/ou bien sachants.
Questionnant sa modernité, sa contemporanéité donne lieu tantôt à des véritables bijoux de sens et de beauté tantôt à des concours de rien où l’on assiste à des mélanges de vidéos, micros, écritures au plateau, …sans trop savoir finalement ce qui nous est donné à voir, à entendre, à comprendre, à questionner.
Et alors que nous sommes nombreux à mettre en avant la nécessité de renouveler le public, d’être populaire et exigeant, nous apportons des réponses qui sont au moins sujettes à caution et/ou qui ne répondent pas à la nécessité qui est celle de notre société. Chômage, refugiés, antisémitisme, racisme, Daesh, Charlie-hebdo, mondialisation, Bataclan, repli identitaire, incertitude… Chaque jour des raisons de désespérer, de se recroqueviller, de se perdre.
Le monde d’aujourd’hui n’est pas celui des années 80 et le temps de l’artiste libre qui revendiquait sa liberté de créateur est révolu. L’artiste ne peut fonctionner en vase clos, comptant sur les subsides de l’état et des collectivités pour faire son oeuvre de salubrité publique et se « protéger » comme les ayatollahs de la pensée néolibérale derrière des postulats comme « toute chose égale par ailleurs » ou encore la main invisible du marché !
Pas de responsables désignés, nous sommes tous pris dans ce mouvement où la responsabilité est diluée. Les tutelles, les politiques, les artistes, le manque d’argent, le taux de remplissage, les coûts de fonctionnements…
Alors ?
On se recroqueville sur notre territoire de sens. On affirme avec une sincérité non feinte qu’il y a plus de gens au théâtre que dans les stades de football, on affirme que la culture participe plus au PIB que l’industrie automobile.
Et surtout on continue comme si de rien était avec un peu moins mais en espérant que ce ne soit qu’une mauvaise passe… comme si hier valait aujourd’hui et que nos avantages acquis étaient définitivement acquis et surtout méritaient de l’être.
Mais il nous semble que la crise que connaissent la culture et la création n’est pas que conjoncturelle. La société qui garantissait, sanctuarisait la création, la culture, celle qui, portée par les travaux du conseil national de la résistance avait affirmé la nécessité de culture pour lutter contre l’ignorance, la barbarie, le fascisme, le repli identitaire… cette société a vécu. Nous devons réinventer la décentralisation, non pas seulement en questionnant la forme des spectacles et en investissant la pluridisciplinarité mais aussi en affirmant que le théâtre est toujours le lieu où l’on se déplace pour entendre des histoires qui portent en elles de manière presque archaïque la catharsis. Et ces histoires s’adressent intimement à chacun sans présupposés ni prérequis.

Une continuité

Thierry Falvisaner travaille depuis 1997 à Orléans.
Il crée avec Wissam Arbache et Arnaud Aldigé le Théâtre de l’Oeuf à dix pas en 1998.
Le premier spectacle Kilomètre Zéro fut présenté au Foyer Dessaux alors que la résidence étudiante venait à peine de sortir de terre.
Il s’en est suivi plusieurs créations dans ce foyer, des lectures à la cave de la Folie avant que la compagnie ne s’engage dans des lectures dans les bars orléanais pendant 7 ans. Par ailleurs, Wissam Arbache et Thierry Falvisaner en 1998 négocient avec Gilles Flouret, responsable pour la ville du TGP, l’arrivée de Bath’art dans les murs du TGP.
Les années 2000 furent celles de la coopération, l’association avec l’équipe du CDN d’Orléans dirigée par Olivier Py avant que l’arrivée d’Arthur Nauzyciel ne stoppe cette coopération.
Depuis 2008, Thierry Falvisaner porte pour le Théâtre de lOeuf à dix pas les projets de création, de formation et d’insertions professionnelles puis en 2011 il crée une nouvelle structure « Théâtre Charbon ».
Il travaille régulièrement sur le quartier de la Source, est à l’initiative du projet Quartier d’Art et créé Othello à l’issue d’une année de travail au TGP.
Depuis 2013 il a créé « Les eaux lourdes », remonté « Hyènes » et porté « Un(s) Tartuffe » à la scène.
Cette vingtaine d’années d’expériences, d’abord dans le théâtre universitaire, en compagnie professionnelle ou encore pour le compte du CDN d’Orléans a permis à la compagnie d’avoir une véritable expertise du territoire orléanais. L’implantation sur le quartier de la Source et la domiciliation de la compagnie dans les murs du TGP accompagnent et participent au développement de la compagnie.
Théâtre Charbon mène au TGP un projet :
• D’actions culturelles, sociales et de formation
• De répétitions et de création
• De programmation.